L’interview de Xavier Fenaert

Peux-tu te présenter brièvement ? Notamment ton parcours lié au hockey?

J’ai 36 ans, marié et papa de 3 enfants. J’ai découvert le hockey à l’âge de 10 ans à l’école par le biais d’un de mes instituteurs passionné par ce sport. Il était d’ailleurs tellement mordu qu’il avait créé quelques années plus tôt le club du Val de Lys. C’est donc tout naturellement que j’ai intégré les rangs de ce club.

J’y ai joué jusqu’à mes 18 ans avant de rejoindre Lambersart afin de côtoyer le championnat national. Après quelques années, je suis revenu au club Val de Lys dans lequel j’entraîne jeunes et séniors.

Parallèlement, à 15 ans, un dimanche matin, Matthieu Gruson m’a mis un sifflet en bouche pour arbitrer l’équipe régionale du club. Il fallait dépanner. Je n’ai plus jamais quitté mon sifflet.

Trois ou quatre matchs au cours de la première année. Puis six ou sept l’année suivante. Cela m’a plu ! Et en toute honnêteté, le dédommagement donné à la fin des matchs constituait mon argent de poche, appréciable à cet âge là.

Matthieu, arbitre international, m’a rapidement pris sous son aile. Je l’accompagnais pour arbitrer de la N1B (Nationale 1) puis de la Nationale 1A Dames (Elite) et enfin les garçons en Nationale 1A (Elite). Il m’a formé avant de me laisser prendre mon envol et évoluer seul.

Pendant quelques années (lors de mon passage à Lambersart), j’étais partagé entre l’envie de jouer et l’envie d’arbitrer. C’était complexe à gérer. Il a fallu faire un choix. De retour dans mon club formateur, je me suis lancé à fond dans l’arbitrage ! J’ai acquis de l’expérience, notamment en championnat Elite et lors de matchs amicaux internationaux. En 2002, j’ai eu ma première désignation internationale sur un tournoi officiel : Celtic Cup U21 à Largs (Ecosse) avec les équipes de FRA SCO WLS IRL. J’ai adoré ! Je pense que c’est lors de cette compétition que j’ai compris que les arbitres composaient également une équipe avec une préparation, du management, de la communication, de la coopération. J’ai poursuivi mon parcours et suite à mes rapports, je suis devenu arbitre international en 2005. (Niveau 1/5).

En parallèle, j’ai eu la chance d’accompagner la France sur des tournées en Inde ou encore en Australie.

Les années ont passé, les tournois également. J’ai été promu en Promising liste en 2013 (Niveau 2/5) et mon objectif actuel est de passer Grade 1 (Niveau 3/5). Ce qui me permettrait d’avoir des compétitions d’un niveau très élevé. J’ai à mon actif 40 matchs internationaux officiels sur tournoi.

Grâce à l’arbitrage, je vis des moments forts comme une Demie-fianle U21 Pays Bas – Allemagne à Den Bosch ou une finale de CE de Club Chalenge 1 à Rome.

Mon club formateur n’ayant pas d’obligation d’arbitre, c’est le Polo de Marcq que j’ai choisi de rejoindre avec une licence arbitre. Appréciant l’ambiance familiale mais également compétitive du club, Sylvie et Bertrand, ont conforté mon choix.

 

Quel rôle avais tu pour cette WL ?

J’ai été désigné comme arbitre sur la World League Round 2 à Belfast en Irlande du Nord du 11/3 au 19/3/2017. Compétition importante qui qualifie 3 équipes sur 8 pour le Round 3 qui se déroulera cet été et donnera les qualifiés pour la Coupe du Monde.

 

– Quels matchs as-tu arbitré ?

J’ai arbitré 5 matchs sur la compétition.
2 matchs de poules (UKR- IRL et UKR-AUT)
1 quart de finale (SCO – AUT)
1 demi-finale de relégation (UKR- AUT)
La médaille de bronze qui offrait le dernier ticket pour le Round 3 (SCO-WLS)

 

– Que retiens tu de cette expérience ?

Comme sur chaque tournoi, j’ai appris ! La FFH a mis en place les superviseurs. Au niveau international, c’est identique. Sur chaque match, on est critiqué de manière constructive. Mon Umpire Manager, Peps (BEL), m’a donné des conseils pour progresser et je fais en sorte que de les appliquer afin qu’ils soient acquis pour ma prochaine compétition.

– Quelle est ta prochaine compétition?

Je pars en Coupe d’Europe des Nations B cet été du 6 au 12 Aout à Glasgow (SCO).

– Quel est ton plus grand rêve lié au hockey?

Je dis souvent : « Ce n’est que du hockey ! Si tout s’arrête demain, je ferai autre chose ». Mais il est vrai aussi que j’ai envie d’aller le plus loin possible. Une grosse compétition : je signe sans réfléchir. Je ne veux rien regretter alors je m’en donne tous les moyens.

– Comment te prépares pour ces compétitions ? (Physiquement, mentalement, vidéo…?)

Il y a plusieurs phases dans la préparation de ces compétitions.

Le terrain d’entrainement principal, et ce n’est pas péjoratif, est le championnat. Il faut arbitrer encore et encore pour progresser. Attention, arbitrer pour arbitrer ne fait pas forcément progresser. Pour cela, il faut se fixer un objectif simple sur chaque match : un placement sur certaines phases de jeu, la communication avec les joueurs, le contact avec son collègue, la partie du jeu excentrée à la balle. Il y a une infinité de thèmes.

J’entretiens aussi ma condition physique car les arbitres courent également sur le terrain. En plus de participer à l’entrainement du club, j’essaie de courir au moins deux fois par semaine pendant 1h en faisant généralement du fractionné. Pour être international, il faut valider le pallier 10 du Bip test (Test du Luc léger).

A l’approche des tournois, il se peut que notre Umpire Manager nous envoie des vidéos que nous analysons avec le groupe d’arbitres de la compétition. Puis, pendant la compétition, il y a généralement des briefings d’analyse vidéos. Avant les matchs, ils portent sur des thèmes précis et après les matchs, ils se rapportent à nos décisions.

Pour le mental, chacun à sa propre manière de procéder. La mienne consiste à être serein les semaines qui précédent la compétition : « Ce n’est que du hockey ! ». Puis on rentre doucement dans la compétition avec les échanges avec les officiels puis un peu plus lors du voyage et des briefings. Il ne faut pas se mettre une mauvaise pression. Enfin à une heure du coup d’envoi, je suis dans mon match (dialogue avec mon collègue, préparation).
– Un message à faire passer aux jeunes qui voudraient se lancer dans l’arbitrage ?

Il ne faut surtout pas hésiter. Il faut essayer pour savoir si on aime ou pas alors soit on adhère soit on passe à autre chose. Dans chaque club, il y a des personnes qui peuvent vous épauler et, ils sont nombreux au POLO. N’écoutez pas et oubliez ceux qui vous critiqueront pendant et après votre match. Vous aurez fait des erreurs, c’est inévitable ! Si un jour, vous avez la chance d’arbitrer la finale des JO… Vous en ferez aussi… Les joueurs en font à chaque match, les staffs également… Le principal est de favoriser le jeu, et siffler ce que vous avez vu. Si votre décision n’a pas plus… Demandez après le match à quelqu’un la règle… Et vous progresserez. Et surtout prenez plaisir à arbitrer !


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